15e édition de Scopitone du 21 au 25 septembre 2016

Scopitone ne cesse d’arpenter les vastes territoires des arts numériques. Avec, au programme, un ensemble d’œuvres digitales qui interrogent leur siècle, ses pratiques et ses visions. Passage en revue. Scopitone a rassemblé, pour cette nouvelle édition – la quinzième, déjà –, un ensemble d’œuvres qui jouent d’un dénominateur commun : la perception de la réalité, ou plutôt des réalités, par la manipulation, le détournement, le questionnement conscient. Ainsi du perturbant et paroxystique constrained surface du Japonais Ryoichi Kurokawa (en première française), de « rate-shadow » de ses compatriotes Daito Manabe et Motoi Ishibashi, installation à l’insondable poésie, de l’hallucinatoire « Diapositive 1.2 », ou bien encore de « Perspection », live AV de Matthew Biederman & Pierce Warnecke.

 

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LES PARTICULES ÉLÉMENTAIRES

Rarement la collusion entre arts et sciences aura été aussi fructueuse que de nos jours, ainsi que l’illustrera la « rencontre arts/sciences » organisée par le CEA Paris-Saclay et conduite par l’astrophysicien Vincent Minier. Une journée qui fait écho à « unfold » (création Scopitone) de l’incontournable Ryoichi Kurokawa : pièce maîtresse de la balade numérique, qui joue de l’émerveillement et de l’austérité des données scientifiques pour donner à voir ce qui n’est pas visible – la naissance des étoiles.

 

PROFESSION DE FOI

Festival fidèle, Scopitone se déploie, cette année encore, dans divers lieux emblématiques, qui participent de son identité. Festival transgénérationnel, Scopitone n’oublie pas les pitchouns et propose ateliers et visites scolaires (de la primaire au lycée), ou encore concert audiovisuel (« Octopop »), coloré, interactif et délicieusement fêlé.

OCTOPOP ©Camille Richard

Octopop © Camille Richard

Festival ouvert, Scopitone s’associe pour la première fois à l’équipe du « Goûtez électronique » pour sa dernière session de la saison, sur le spot des berges de la Loire. De jour comme de nuit, en mode flânerie et/ou exploration comme en mode clubbing, Scopitone se vit comme une expérience vivifiante comme une ondée estivale.

 

Apercu de la programmation :

 

PERFORMANCES

* OUVERTURE Performances / Danse
MERCREDI 21 SEPTEMBRE STEREOLUX | 20h (salles Maxi et Micro)

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LJØS (« lumière » en islandais) est une performance dansée en temps réel pour cordiste, avec projection vidéo. La danseuse Elena Annovi est suspendue par un harnais face à un écran géant sur lequel s’imprime vidéo et lumière. La sensation de légèreté et d’absence de pesanteur évoquée par cette chorégraphie aérienne est rendue possible par la synchronisation de la vidéo, qui s’anime et réagit en temps réel avec les mouvements de l’interprète. Une interaction corps et images qui donne à LJØS toute sa puissance, soulignant également l’union unique de l’art et de la science, de la technologie et de la danse, dans une fusion entre réel et virtuel, et une figuration presque mathématique des mouvements du corps de la danseuse.
www.fuseworks.it

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LJØS

 

* CLOTURE avec « In Code »
DIMANCHE 25 SEPTEMBRE STEREOLUX | 18h (salles Maxi)

« In Code » – Gwyneth Wentink, Wouter Snoei & Arnout Hulskamp (NL)

« In Code » est une performance audiovisuelle avec harpe, musique électronique et scénographie lumineuse, créée et interprétée en live par les artistes néerlandais Gwyneth Wentink, Wouter Snoei et Arnout Hulskamp (de Children of the Light). À partir de « IN C », pièce musicale de référence de l’école minimaliste américaine, composée par Terry Riley en 1964, et en s’inspirant de la toute première représentation de ce morceau fondateur, le trio propose une traduction électroacoustique qui met en évidence le code – la structure – du morceau de Terry Riley, tout en résonant harmonieusement avec celle de sa réinterprétation.

Les motifs sonores répétitifs de « IN C », ainsi que l’aspect cyclique des patterns lumineux générés par les LED du support visuel de « In Code », se répondent dans un hommage et une relecture contemporaine de l’originale. C’est là toute l’intelligence d’une composition moderne et universelle, accessible à tous grâce à l’accord parfait entre l’instrument « classique » et l’électronique.

Gwyneth Wentink est une harpiste néerlandaise, engagée dans la création artistique transdisciplinaire. Elle est également la fondatrice et directrice de States Of The United Arts, think tank dédié à l’art et à la performance, et directrice artistique de TodaysArt.
Wouter Snoei est un compositeur néerlandais, producteur de musique électronique. Il est diplômé du fameux Institute of Sonology (conservatoire de La Haye).
Arnout Hulskamp est un artiste visuel basé à Amsterdam, qui collabore avec de nombreux musiciens et artistes. Le trio a entamé sa collaboration avec Canto Ostinato Audio Visuel, pièce présentée en 2012 au Stedelijk Museum d’Amsterdam.

www.in-c-ode.com/

IN CODE © Mind The Film

In Code  © Mind The Film

 

 

EXPOSITIONS

* Du 20 au 25/09 > Exposition « unfold » de Ryoichi Kurokawa (JP)
« unfold » est une installation audiovisuelle, comprenant trois écrans disposés verticalement de façon à créer une forme parabolique. Profondément immersive, elle est le fruit d’une collaboration arts/sciences entre Ryoichi Kurokawa et l’astrophysicien Vincent Minier, ce à l’initiative de Stereolux et du CEA Paris-Saclay. Évocation extrêmement précise et scientifiquement poétique de la naissance des étoiles, « unfold » manie des données difficilement compréhensibles pour le commun des mortels (dynamique, densité, température, couleurs de l’univers, etc.), tout en offrant une intense et troublante impression de déploiement des sens. Le spectateur, dominé par les écrans verticaux, se plonge dans le maelström d’images générées par la manipulation numérique de données scientifiques. Le son ajoute encore à l’effet d’abstraction, tout en insistant sur la sensation d’immersion physique.

Une rencontre entre arts et sciences orchestrée par Stereolux.

 

* 20/09 > Rencontre art-science qui explore notamment cette création
Digital learning, réalité virtuelle, art numérique inventent une nouvelle relation culturelle aux sciences. Nous vous invitons à débattre de la tension créatrice entre imaginaire et rationalité et à en faire l’expérience.

 

* Du 21 au 25/09 > 2 installations de Felix Luque Sanchez (BE/ES) à Stereolux

« Clones »

« Clones » est une installation jumelle de Félix Luque Sánchez, issue d’un concept global nommé « Different Ways To Infinity », et comprenant initialement plusieurs pièces, dont « Modular » et « Chaos » (présentées à la BIAN – Biennale d’Art Numérique – de Montréal en 2014). Cette forme, s’apparentant à l’exposition, est très prisée par l’artiste espagnol, qui l’emprunte également pour « Memory Lane », présentée elle aussi à Scopitone. « Clones » se compose de deux pendules inversés, de la taille d’un homme, dirigés par un algorithme programmé de manière aléatoire et chaotique, qui tente de conserver l’équilibre de chacun des deux balanciers quand ceux-ci atteignent leur apex. Cette œuvre émouvante humanise en quelque sorte la machine dans sa tentative maladroite pour atteindre un équilibre et un aplomb éminemment précaires, dans un environnement géré par le hasard et les lois du chaos.

Membre de l’Institut audiovisuel de l’université Pompeu Fabra à Barcelone de 2001 à 2007, l’artiste bruxellois d’origine espagnole Félix Luque Sánchez est aujourd’hui connu pour ses installations et ses œuvres présentées dans le monde entier. Il développe également des programmes et des logiciels pour d’autres artistes. Il a reçu le New Technological Art Award en 2012.
www.felixluque.comwww.ibl3d.com

Clones

Clones

 

– « Memory Lane »

« Memory Lane » est une installation plurimédia qui nous transporte hors de l’espace et du temps. À travers différents éléments représentés en modélisation 3D, « Memory Lane » plonge le spectateur dans un environnement sonore qui incite à se questionner sur notre rapport au temps et à la mémoire. Une roche posée sur un bras robotique, deux écrans sur lesquels est projetée une mystérieuse vidéo géologique, des machines et des éléments organiques : voilà l’univers paradoxal que propose « Memory Lane », un parcours initiatique vu à travers l’imaginaire de deux artistes pour qui l’utilisation des technologies contemporaines n’exclut pas une profonde fascination pour l’histoire de l’humanité et son environnement.

Memory Lane

Memory Lane

 

* Du 21 au 25/09 > « Rate-shadow » de Daito Manabe & Motoi Ishibashi (JP)

« Rate-shadow » est une expérience visuelle, artistique et scientifique, inédite, visant à rendre visible l’invisible. À l’aide d’un éclairage LED spécialement créé pour l’installation, les artistes japonais Daito Manabe et Motoi Ishibashi permettent au spectateur de discerner des couleurs initialement invisibles à l’œil nu. Uniquement observables à travers le filtre d’un écran de smartphone ou de tablette, ces ombres colorées semblent littéralement jaillir des formes éclairées, questionnant ce que nous percevons vraiment du réel et renouvelant l’expérience copernicienne du renversement de la représentation sensorielle du monde et de l’univers.

Rate Shadow © Graziella Antonini

Rate Shadow © Graziella Antonini

 

* Du 21 au 25/09 > « cinética » de Martial Geoffre-Rouland (un projet porté en collaboration avec OrangeLabs)

Fruit d’une collaboration entre Orange et Stereolux, « cinetica » est une installation qui matérialise la mobilité humaine sur la ville de Nantes. Cette installation cinétique permet de visualiser le mouvement et l’activité de la ville grâce aux données de mouvement des utilisateurs, collectées et analysées depuis leur smartphone. À travers cette pièce, le spectateur peut visualiser l’activité urbaine mais aussi sa propre activité et ses déplacements dans la ville, en la confrontant avec celle des autres utilisateurs. La mobilité dans l’espace urbain est représentée grâce à des barres de LED, qui tournent en fonction de l’activité des personnes, illustrant le mouvement dans la ville (flux et directions, géolocalisation et différents états de mobilité). Aux frontières du design, de l’art et de la technologie, « cinetica » propose un regard puissant et une perception tangible de nous-même en tant « qu’êtres mobiles » dans une société ultra connectée en rendant visible l’invisible.
www.screen-club.com

Kinetica © Martial Geoffre Rouland

cinetica © Martial Geoffre Rouland

 

 

RENDEZ-VOUS PROS

* Du 21 au 24/09 > Atelier « La cité des données » avec le studio Design Friction

La « Cité des données » est un atelier de réflexion-action qui interroge la manière dont les données façonnent la ville et la capacité de celle-ci à influencer en retour ces mêmes données.

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– Workshop – Mer 21 sept. – 10h-18h
Passage Sainte-Croix
Gratuit / Inscription sur scopitone.org

Entre déambulations créatives et sessions de design participatif, les participants sont invités à imaginer des scénarios critiques sur ce que pourrait être, demain, une ville devenue un peu trop intelligente.

– Exposition – Du 23 au 25 sept. – 12h-18h30
Passage Sainte-Croix
Gratuit

Les productions de l’atelier seront exposées pour permettre aux visiteurs de réagir à ces visions d’un futur urbain étrangement connecté.
Intervenant : studio Design Friction

 

* 22/09 > Table-ronde « La matérialité des données » - 18h30-20h30
Passage Sainte-Croix
Gratuit / Inscription sur scopitone.org

Les données numériques (data) sont au cœur de notre quotidien. Qu’il s’agisse de big data, de données personnelles ou de quantified self, chacun envisage et questionne un futur où leur nombre ira croissant.
Trouver les moyens de les mettre en forme et de leurs donner du sens est devenu le nouvel Eldorado. Pourrait-on aller plus loin et interroger des mises en forme dépassant ces représentations visuelles et schématiques ?
Cette table ronde propose une discussion autour de la part sensible des données numériques, en questionnant la capacité qu’ont ces représentations à nous toucher.

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* Du 21 au 24/09 > visites pros avec David Olivari
Gratuit – Inscription sur scopitone.org

Trois parcours au choix pour découvrir la programmation du festival, guidé par David Olivari, un artiste ingénieur très au fait des enjeux technologiques et artistiques posés par l’art numérique.
Ces visites, destinées aux professionnels et aux amateurs éclairés, seront l’occasion de s’intéresser à la démarche de création artistique, à la dimension technologique des œuvres, à l’innovation d’usages et au potentiel d’applications qu’elles représentent hors du champ artistique.

 

Retrouvez l’ensemble du programme de Scopitone sur le site http://www.stereolux.org/scopitone-2016

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AUTEUR

Muriel had written 234 articles for Magazine MCD