ARCADI INSIDE – Festival Némo 2012
Le festival Némo est le rendez-vous dédié aux arts numériques d’Arcadi, structure de promotion et de soutien à la création. L’année 2012 marque la quinzième édition de cet évènement désormais bicéphale qui tisse des liens avec d’autres manifestations du genre (Biennale des arts numériques à Montréal), offrant des expositions, projections et installations étonnantes, souvent innovantes (Jean-Michel Albert et Ashley Fure, Herman Kolgen, Rafael Lozano-Hemmer) tout en conservant aussi son côté festif avec une programmation musicale des plus pertinente (Purform, Elektro Guzzi, etc.). Entretien avec Gilles Alvarez, directeur artistique du festival.
Pour commencer, expliquez-nous l’articulation de l’édition 2011 du festival Némo ?
Némo a été organisé en deux parties. L’une, assez traditionnelle, au printemps, mais qui tirait parti d’une organisation plus coopérative avec les lieux de son réseau Canif (Coordination des Arts Numériques en Île-de-France). La seconde à l’automne très centralisée sur la Gaîté Lyrique et le 104.

En liaison avec le festival Elektra, l’ »épisode 2″ de cette édition était consacré au « Québec numérique ». Là aussi, sur quelles bases s’est articulée cette collaboration ?
Nous collaborions depuis 6 ans avec Elek- tra, à Montréal. En 2011/2012, nous avons franchi un palier avec deux grosses opérations: d’abord ce spécial « Québec numérique » qui occupait les trois-quarts du festival et, du 2 mai au 3 juin 2012, notre exposition d’installations audiovisuelles Out of the Blue/Into the Black dans le cadre de la Biennale internationale de l’art numérique de Montréal.
Parmi les installations, projections et performances qui étaient proposées, quelles sont celles qui vous ont le plus marquées ?
Grands souvenirs ? Blixa Bargeld & Alva Noto à la Cigale, Le Rheo de Ryoichi Kurokawa dans une église à Saint-Denis, le live d’Elektro Guzzi au 104, Herman Kolgen avec les 4 solistes de l’Ensemble Intercontemporain à la Gaîté Lyrique…
Le festival réserve justement une place conséquente à la musique avec des groupes ou DJs qui innovent et expérimentent… Quelques mots sur ce lien entre musiques électroniques et créations audio-visuelles…?
Ce lien est la caractéristique principale de Némo. Tout (ou presque) ce qui relie les deux médias nous intéresse, de préférence quand ils interagissent l’un avec l’autre. En revanche, nous souhaitons diffuser la musique électronique aux côtés d’autres formes, en particulier la musique contem- poraine et classique ou le rock.
En quinze ans d’existence, le festival Némo a évolué pour se resserrer sur les performances audio-visuelles et créations multimédia : rétrospectivement, comment analysez-vous cette évolution ?
Le panorama international, avec ses centaines de courts issus de la 3D, du clip, de l’architecture, du graphic design, etc., était sans équivalent en France. D’ailleurs tout le monde souhaitait nous offrir des cartes blanches pour qu’on fasse le boulot à leur place ! Mais ces « nouvelles images », si diffi- ciles à défendre il y a dix ans, surtout quand elles cohabitaient à Némo avec un cinéma d’auteur autocentré et parfois bas du front, sont tout simplement devenues « les images tout court », et je crois que notre mission est accomplie. Il était temps de passer à autres choses et Némo est naturellement devenu ce qu’il est aujourd’hui, autour des installations et des performances AV qui, en parti- culier, constituent un nouveau cinéma expérimental live.
Justement, comment imaginez-vous le futur de la création audio-visuelle, et par là même celle du festival, à l’aune des nouvelles technologies ?
Je n’imagine pas le futur, même si, comme disait Beckett, il faut échouer pour échouer mieux… En ce qui concerne le festival, il évolue radicalement chaque année. Némo 2012 aura lieu fin novembre jusqu’à mi-décembre, étalé sur 3 semaines. En 2013, il se pourrait bien qu’il devienne un label événementiel, totalement déployé sur l’année entière.
Avez-vous déjà des pistes et/ou artistes pressentis pour la prochaine édition fin 2012 ?
Pour la soirée d’ouverture de cette 15ème édition, la première en banlieue, à la Mac de Créteil : Underground Resistance avec 1024 Architecture et son nouveau show Crise, Gabriel Prokofiev (oui le petit fils de…), Quayola et les Abstract Birds autour d’une sonate pour Alto de Ligeti. Exactement l’éclectisme que l’on recherche. Puis il y aura Roll the Dice, le show av surround de Monolake, j’en passe et des meilleurs !
Propos recueillis par Laurent Diouf et publiés dans le MCD#67 – Guide International des Festivals Numériques.
Prochaine édition, du 27 novembre au 16 décembre 2012.
Plus d’infos sur le site du festival.
- MCD # 67 Guide des festivals numériques 2012/2013 (Bilingue – English/french)
En inventaire: 90
Prix: €9 - MCD # 67 Guide international des festivals numériques 2012/2013 (Bilingue – English/french) PDF
Prix: €9














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