Dans le cadre de Némo, MCD édite un hors-série

Du 5 décembre 2015 au 31 janvier 2016, au CENTQUATRE-PARIS – avec Arcadi Île-de-France dans le cadre de Némo – biennale internationale des arts numériques – découvrez l’exposition internationale d’art contemporain numérique « Prosopopées, quand les objets prennent vie ».

 

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Après « Trouble Makers » qui présentait des œuvres essentiellement sensorielles et lumineuses, Arcadi Île-de-France et le CENTQUATRE-PARIS unissent à nouveau leurs forces au travers de Prosopopées qui met en scène des machines et objets qui se rebellent, s’animent et échappent à leurs assignations habituelles pour créer d’étranges fictions.
Proposée dans le cadre de la biennale Némo, cette exposition internationale d’art contemporain numérique est placée sous la co-direction artistique de Gilles Alvarez, directeur de la biennale, et José-Manuel Gonçalvès, directeur du CENTQUATRE-PARIS.

 

 

Edito de Guillaume Renoud-Grappin

Prosopopées : Figure de style et substantif féminin / Figure rhétorique qui consiste à faire s’exprimer un protagoniste absent, ou dénué de parole (un mort, un animal, une chose personnifiée, une abstraction).

 

Forte de son intitulé – qui ne vaut que pour l’impensé qu’elle révèle en creux ou qu’elle assume en plein – l’exposition Prosopopées anime et fait parler « les protagonistes absents » : la technologie reconnaît sa filiation avec la « magie » ; les « choses » se rebellent et s’animent ; et nous voilà nous, anciennement « maîtres et possesseurs de la nature », portés par ce joyeux chamboulement, invités à admettre poétiquement notre angle mort : un animisme new-age et un besoin irréductible d’enchanter l’inanimé.

Science-fiction et poésie, robotique et poïétique, objets ré-enchantés et machines dérangeantes…

« Toute technologie suffisamment avancée est indiscernable de la magie », Arthur Clarke [1]

Effectivement : le téléphone – encore inconscient par la force des choses de son devenir

Smartphone – n’a jamais fait que prolonger et réaliser le fantasme occultiste de la télépathie.

Et que dire maintenant des drones et de l’étrangeté de leurs « images de nulle part » ?

Les spiritistes n’auraient pas été pris au dépourvu, nous si.

« Méfions-nous dans notre suffisance numérique de ne pas être pré-surréalistes » nous chuchote Prosopopées…

Prosopopées nous présente des objets qui ont une drôle de « présence ».

Tantôt moqueuse, tantôt inquiétante — mais étrangement refuznik à l’ordre de la matérialité inanimée.

Par un étrange « retour numérique du refoulé », les objets connectés se déconnectent, la lumière devient synesthésique, les séismes perturbent les datas, les machines agissent les humains et les robots nous regardent de haut….

Une rébellion poétique, symbolique et salutaire contre le sujet cartésien, déjà mort mais jamais achevé, qui a cru trop vite réduire les choses au silence…

 

[1] Troisième loi d’Arthur C. Clarke in Manuella de Barros,
Magie et technologie (Éditions Supernova, 2015).

 

Pour télécharger ce hors-série, cliquez ici

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AUTEUR

Muriel had written 230 articles for Magazine MCD