Furtherfield

FURTHERFIELD

Depuis plus de 17 ans, les pratiques artistiques de Furtherfield établissent des passerelles entre la technologie et les mutations sociales. Au cours de ces années, nous avons pris part à de nombreux projets de grande envergure et avons accompagné et soutenu des individus aussi différents que talentueux. Nos activités artistiques incluent le net art, l’art des médias, le hacking, l’activisme artistique, l’hacktivisme et le commissariat associé.

Furtherfield Gallery, Finsbury Park, Londres, 2012. Photo : © Furtherfield

Furtherfield Gallery, Finsbury Park, Londres, 2012. Photo : © Furtherfield

Nous avons toujours pensé qu’il était essentiel que les personnes engagées dans la pratique de Furtherfield relative aux arts et à la technologie adoptent un positionnement critique. Le rôle et l’orientation de notre collectif artistique sont modelés par les affinités que nous percevons entre divers penseurs, individus et groupes indépendants qui interrogent la culture à travers leur travail. Par ce mélange d’art, de culture et de technologie, nous sommes en lien avec le contemporain tout en portant un regard critique sur la condition humaine.

L’ingérence panoptique du néolibéralisme sur la vie quotidienne a nourri les motivations et les stratégies de Furtherfield. Contrairement à la plupart des galeries et institutions engagées dans l’art, nous sommes restés vigilants quant à son influence, grâce à un dialogue partagé. Le néolibéralisme perpétue les systèmes patriarcaux de dominance à travers la dérèglementation des marchés, la corruption des entreprises ou de l’incompétence des gouvernements; chacun de ces éléments crée des circonstances où nous, les petites gens, ne sommes que de la matière à exploiter. Nous en devenons tous des peuples indigènes qui luttent sous le joug d’une minorité riche. Traverser cette voie sans issue grâce au piratage  est vital pour conserver un sentiment d’intégrité et de contrôle sur nos contextes sociaux et humains et, en définitive, survivre en tant qu’espèce.

Toute pratique qui se dit critique, novatrice, expérimentale, avant-gardiste, visionnaire, évolutive, ou imaginative doit tenir compte de ce contexte. Si en tant qu’organisation artistique nous refusons de voir ce que les autres vivent au quotidien et nous omettons d’examiner, de représenter et de respecter leurs histoires, autant être assimilé, à juste titre, à cette élite stérile qui n’a rien à transmettre à la plupart des gens. Heureusement, de nombreux artistes et penseurs responsables abordent ces thèmes humains dans leurs travaux, de différentes manières, sur Internet et dans les espaces physiques. Tant et si bien, que le monde l’art dominant se retrouve face à un dilemme au sujet de sa propre pertinence contemporaine restreinte par son désir de satisfaire les exigences d’une élite corporative, qui n’apprécie l’art qu’en termes d’économie, de marchés et de marques.

Antonio Roberts, Glitch performance, Furtherfield Gallery. Photo : D.R.

Antonio Roberts, Glitch performance, Furtherfield Gallery. Photo : D.R.

La Plupart de l’Art n’a Rien à Dire à la Plupart des Gens.

Plus nos expériences et espaces physiques et en ligne se préoccupent de l’État et des entreprises aux dépens des besoins profonds des gens, plus nous restons figés dans des situations qui reflètent des contextes dictés par des autorités officielles aux dépens des nôtres (1).

Pour commencer, j’aimerais évoquer une œuvre passée sur laquelle Heath Bunting (co-fondateur de irational.org) et moi-même avons travaillé en 1991. Il s’agissait d’une grande affiche placardée sur des panneaux publicitaires autour de Bristol, au Royaume-Uni. À l’époque, tout en faisant partie d’autres projets d’art de rue, de radios pirates et d’affichage BBS, Heath et moi appartenions au collectif d’activisme artistique Advertising Art. Il s’agissait d’art de rue qui critiquait la mainmise supposée des élites dominantes sur la culture de l’art. Depuis cette époque, le slogan La plupart de l’art n’a rien à dire à la plupart des gens est devenu mon leitmotiv. Furtherfield s’inspire d’idées qui puisent une forme d’éveil dans les couches populaires et alimentent ainsi des idées et des pratiques progressistes d’émancipation sociale et culturelle. L’Oxford English Dictionary, définit l’émancipation comme le fait ou processus consistant à être libéré de restrictions légales, sociales ou politiques.

Kant pensait que l’Illumination ne devient possible que lorsque nous sommes capables de raisonner et de communiquer en dehors des limites des institutions privées, y compris celles de l’état(2).

Le critique d’art Julian Stallabrass soutient qu’une analyse du mode opératoire du monde de l’art au regard de son lien avec le néolibéralisme est nécessaire (3). Dans l’ouvrage cité plus haut Gregory Sholette déclare que l’imagination et la créativité dans le monde de l’art s’épanouissent dans le secteur non-commercial, loin des prestigieuses galeries et des réceptions arrosées au champagne. Cette  culture créative plus étendue nourrit le courant dominant de nouvelles formes et de nouveaux styles susceptibles d’être transformés en marchandises et utilisés pour entretenir le petit groupe d’artistes admis dans l’élite. […] L’Art c’est une affaire de gros sous : une poignée d’artistes est à la tête de sommes considérables alors que la majorité reste dans l’ombre; pour autant, ces artistes marginalisés restent indispensables à l’économie culturelle dominante à qui elle sert de masse créative par défaut. En même temps, l’impression émergente d’une aptitude à s’insurger devient de plus en plus tangible dans ces replis invisibles de la productivité culturelle. Quand, à travers des études sélectives portant sur les structures de visibilité et d’invisibilité, de rancœur et de résistance […], les exclus sont rendus visibles, quand ils exigent cette visibilité, on revient toujours, au fond, à une affaire politique, une démarche qui consiste à repenser l’histoire (4).

Dark Matter: art and politics in the age of enterprise culture. Gregory Sholette. Pluto Press, 2010. Photo: D.R.

Dark Matter: art and politics in the age of enterprise culture. Gregory Sholette. Pluto Press, 2010. Photo: D.R.

Partant de la critique claire, pertinente et exhaustive de la culture de l’art dominant établie par Sholette, je voudrais prendre pour exemple une expérience récente de  menée par Furtherfield et qui correspond à l’émergence et l’utilisation croissante du terme « Post-Média ». Ce concept, sur lequel les théoriciens de la culture des médias commencent tout juste à se pencher, est supposé faire jaillir de nouvelles formes d’expression et d’expérience collectives (5). Cependant Furtherfield — une entité dont la pratique est née en 1997 avec les débuts de la scène artistique « Post-Media » et qui peut être considérée comme l’un de ses acteurs majeurs (parmi bien d’autres collectifs et individus) — n’est mentionné dans aucune des ressources foisonnantes sur le sujet. Pour renforcer cette ironie, bon nombre d’historiens et théoriciens de l’art, prétendument sagaces, préconisent une culture de réseaux décentralisée ou un contexte relationnel dans leurs écrits. Cependant, très peu d’entre eux sont véritablement engagés dans des activités qui consistent à soutenir ou créer ces structures alternatives dans la collectivité.

Le vrai problème est la façon dont ils acquièrent leurs connaissances. La plupart des écrits universitaires construits à travers des réseaux et des protocoles donnés  ont tendance à s’appuyer sur les canons théoriques et paramètres figés des hiérarchies institutionnelles pour valider leurs concepts. La majorité des travaux qu’ils incluent dans leur recherche sont montrés dans des institutions ou des conférences en vue. Ceci renforce inévitablement la validité du travail sélectionné par des réseaux puissants et établis, et dévalorise les œuvres ou artistes qui n’y figurent pas. Cette approche insulaire et hermétique est non seulement limitée, mais elle démontre une dépendance immuable aux noyaux de référence officielle. Elle éloigne par ailleurs les théoriciens de cette même culture authentique dont ils prétendent faire l’analyse experte. Ainsi, des pans entiers de la pratique innovante sont perdus et il s’agit là d’une erreur grossière. Ce système ne sert qu’à perpétuer les conditions propices à l’institutionnalisation d’une élite artistique privilégiée et sclérose les voies d’une authentique émancipation artistique et sociale.

Up close and personal with Furtherfield, Randall Packer, Open Source Studio, Performance is Reality, 2012. Photo: © Randall Packer.

Up close and personal with Furtherfield, Randall Packer, Open Source Studio, Performance is Reality, 2012. Photo: © Randall Packer.

Furtherfield et la Valeur du Hacking.

Nous devons permettre à toute créativité humaine d’être aussi libre que les logiciels libres (6)

Le réseau de Furtherfield se déploie à travers différents fuseaux horaires, plateformes et lieux — physiques et en ligne, comme autant d’entités décentralisées. Une culture où les gens interagissent pour créer, discuter, critiquer, donner leur avis, partager des informations, collaborer, construire de nouvelles structures, des systèmes de pouvoir, des œuvres d’art et des environnements alternatifs, des structures technologiques, écologiques et sociales indépendantes, pour le partage des savoirs, le respect et la représentation dans des contextes authentiques et des systèmes de valeurs conscients des problèmes sociaux.

Furtherfield vient du hacking culturel et a intégré à ses idées la pratique du piratage, non seulement appliqué à la technologie, mais aussi à la vie de tous les jours. En définitive, Furtherfield est un grand piratage social. Le principe de l’Hack Value (valeur du piratage) préconise une pratique de l’art qui encourage l’intervention culturelle de l’artiste en intégrant les mécanismes de la société à un support artistique accompagné des résonances esthétiques des contextes sociaux, travaillant de manière critique avec les systèmes (artistiques) établis. Il perturbe et divulgue de nouvelles manières de voir et penser l’art, la vie et l’être. Il s’agit de reconquérir des contextes artistiques et humains en contournant le contrôle  des élites.

L’Hack Value peut être une perturbation ludique ou contribuer à stimuler l’imagination, faisant appel à un sens de l’émerveillement qui dépasse la monotonie d’une culture dominée par la consommation. Il examine les croisements entre les différents domaines et pratiques en fonction de leurs succès et de leurs démarches dans le piratage plutôt qu’à travers des genres spécifiques. Certains sont politiques, d’autres participatifs et incluent des œuvres qui utilisent des réseaux numériques et des environnements physiques tout comme des objets imprimés. Ce qui lie ces exemples n’est pas seulement les aventures amorcées lors de l’expérimentation avec d’autres façons de voir, d’être ou de penser. Ils partagent également des intentions communes visant à affaiblir les restrictions, les distractions et les interactions qui dominent les interfaces, les façades et les structures culturelles de notre environnement quotidien. Il s’agit de notre rapport à la nourriture, du tourisme, des musées, des galeries, de nos échanges avec la technologie, des systèmes de croyances et de l’éthique commune.

Shu Lea Cheang, Seeds Underground Party, 2013. Photo : © Furtherfield

Shu Lea Cheang, Seeds Underground Party, 2013. Photo : © Furtherfield

Donna Haraway propose une sorte de subjectivité critique sous la forme de Savoirs Situés. Nous ne recherchons pas les connaissances gouvernées par le phallogocentrisme (nostalgie d’un monde uni et véritable) et la vision désincarnée. Nous recherchons ceux qui sont gouvernés par la vision partielle et la voix limitée —  pas de partialité en soi, mais plutôt à cause des connexions et des ouvertures inattendues rendues possibles par les savoirs situés. Les savoirs situés ne concernent pas des individus isolés, mais des communautés (7). Nous sommes convaincus qu’en se livrant à ce genre de projets, les artistes, les spectateurs et les participants engagés deviennent moins susceptibles à l’usage et la consommation de domaines informationnels et matériels donnés, car ils orientent leurs efforts vers de nouvelles formes ludiques d’échanges. Ces projets créent de réelles infrastructures décentralisées, résistant à la croissance et dans lesquelles des mondes alternatifs commencent à être envisagés et créés tandis que les participants partagent et échangent de nouvelles connaissances et des expériences subjectives provoquées par l’œuvre (8).

En 2012,  Furtherfield s’est relocalisé dans un parc du nord de Londres. Le parc qui nous accueille influe sur notre démarche, les expositions, les manifestations. L’endroit a une forte identité locale dans un espace public vert, à l’abri de l’environnement urbain agité et sa population nombreuse et multiculturelle. Nos échanges avec la communauté locale renforcent la nécessité du lien entre l’art et un public imprévisible et indiscipliné. Nous ne sommes pas éloignés des visiteurs de la galerie comme dans la plupart des environnements artistiques traditionnels, académiques ou grand public. Notre but n’est pas de faire naître d’autres artistes qui appartiennent à une élite, des groupes élitistes, des œuvres élitistes. Nous voulons changer notre culture par le biais de notre pratique.

Nous sommes convaincus qu’en se livrant à ce genre de projets, les artistes, les spectateurs et les participants deviennent des utilisateurs et consommateurs d’information et de biens matériels moins actifs tandis qu’ils tournent leurs efforts vers de nouvelles formes ludiques d’échange. Ces projets créent de réelles infrastructures décentralisées, résistant à la croissance dans lequel des mondes alternatifs commencent à être articulés et produits et que les participants partagent et échangent de nouvelles connaissances et expériences subjectives provoquées par le travail (8).

Most art says nothing to most people subvertising, 1991. Photo: © Marc Garrett & Heath Bunting.

Most art says nothing to most people subvertising, 1991. Photo: © Marc Garrett & Heath Bunting.

Nous sommes reliés simultanément à un réseau d’artistes critiques, de technologues, de penseurs et d’activistes internationaux à travers nos plateformes et communautés en ligne, ainsi qu’à une culture artistique de réseau au sens large. Être accessible n’a rien à voir avec un nivellement par le bas, il s’agit de faire l’effort d’examiner les liens profonds entre les gens et les thématiques sociales, ce qui affecte leurs vies et les nôtres. Nous n’évitons pas les grands enjeux, ni les controverses et sommes constamment engagés dans un dialogue parallèle entre ces communautés en ligne et les gens que nous rencontrons dans le parc.

Le 23 novembre dernier, nous avons ouvert le second lieu dans le parc, le The Furtherfield Commons. Ce nouveau labo a pour but d’explorer les moyens d’instaurer un patrimoine commun au XXIème siècle. Cette démarche s’appuie sur des exemples des années 1700, quand des personnes ordinaires en Angleterre, tels que Gerrard Winstanley et ses acolytes fondèrent un mouvement connu sous le nom Diggers (bêcheux) également appelés les True Levellers (vrais niveleurs) dans le but de revendiquer et reprendre à l’aristocratie des terres collectives pour l’intérêt de la communauté. À travers divers ateliers, des résidences, des événements et des discussions nous exploreront sa résonance pour les personnes du quartier, parallèlement à nos liens avec les communautés en ligne et les réseaux internationaux. Cela fait non seulement appel à l’apprentissage et l’utilisation de logiciels libres, mais aussi à une approche critique du jardinage, des jeux et autres exercices pratiques à travers lesquels les gens pourront exercer une influence directe sur le monde tangible afin de faire naître de nouvelles compétences et du changement social partagé et selon leurs propres termes.

Marc Garrett
(Marc Garrett est un artiste du Net, commissaire, écrivain, artiste de rue, militant, pédagogue et musicien. Il est co-directeur et co-fondateur, avec l’artiste Ruth Catlow, des collectifs et communautés de net-art Furtherfield.org, Furthernoise.org et Netbehaviour.org)
publié dans MCD #74, « Art / Industrie », juin / août 2014

> www.furtherfield.org/programmes/exhibitions

furtherfield1

(1) Marc Garrett. « DIWO (Do-It-With-Others): Artistic co-creation as a decentralized method of Peer-2-peer empowerment in today’s multitude ». Extrait du chapitre intitulé – DIWO, Emancipation and Mainstream Culture. p.2 (2013)

(2) Dan Hind. The Return of the Public: Democracy, Power, and the Case for Media Reform. Verso, 2010. p. 155.

(3) Julian Stallabrass, Art Incorporated: The Story of Contemporary Art. OUP Oxford, 2004.

(4) Gregory Sholette, Dark Matter: Art and Politics in the Age of Enterprise Culture. Pluto Press, 2011.

(5) About the Post-Media Lab By Post-Media Lab, 20 janvier 2012. Metamute. > www.metamute.org/editorial/lab/about-post-media-lab

(6) Hans-Christoph Steiner. Floss + Art. Rassemblé et édité par Aymeric Mansoux et Marloes de Valk. GOTO10 en association avec OpenMute, 2008. p.151.

(7) Donna Haraway. Situated Knowledges: The science Question in Feminism and the Privilege of partial Perspective (Savoirs situés: la question de la science dans le féminisme et le privilège de la perspective partielle). Feminism and Science. Editeurs, Evelyn Fox Kellor et Helen E. Longino. Oxford University Press, 1996. p. 259.

(8) Marc Garrett, Ruth Catlow, DIWO: Do It With Others - No Ecology without Social Ecology. 2013. Initialement publié dans Remediating the Social 2012. Éditeur: Simon Biggs University of Edinburgh. pp. 69-74. > www.furtherfield.org/features/articles/diwo-do-it-others-–-no-ecology-without-social-ecology

(9) Ruth Catlow. « We Won’t Fly For Art Culture Magazine », numéro spécial  « Paying Attention: Towards a Critique of the Attention Economy » par Patrick Crogan et Samuel Kinsley. Numéro spécial de Culture Machine Vol. 13, 2012

 

furtherfield2

TAGS:

A LIRE AUSSI

  • Science GalleryScience Gallery SCIENCE GALLERY
 Interview du Dr Michael John Gorman Michael John Gorman est le directeur de Science Gallery International, une  initiative créée grâce au soutien de Google et visant à […]
  • Miguel Chevalier Miguel Chevalier MIGUEL CHEVALIER interview-portrait Miguel Chevalier, votre œuvre s’inscrit dans l’immense mouvement de flux et réseaux contemporain. Vous travaillez principalement sur l’outil […]
  • Judith DarmontJudith Darmont JUDITH DARMONT interview-portrait Venant de la peinture en 1990, grâce à des rencontres, j'ai commencé à faire des peintures sur ordinateur pour tester les premiers logiciels de palette […]
  • Aalto Media FactoryAalto Media Factory AALTO MEDIA FACTORY
 Le Media Lab du Département Médias à l'Université d'Aalto Interview du Professeur Philip Dean, actuel responsable du Département Médias, Directeur de la Media […]
  • SINLABSINLAB Le SINLAB est un laboratoire expérimental unique situé en Suisse, œuvrant à la croisée des Arts de la Scène, de l'Architecture, de la Science, de l’Ingénierie et de la Philosophie.
  • X Media LabX Media Lab X MEDIA LAB think-tank numérique Évènement itinérant fonctionnant comme un think-tank réunissant les différents acteurs du monde numérique (artistes, médias, entreprises, chercheurs, […]

PARTAGER CET ARTICLE

  • Subscribe to our RSS feed
  • Share this post on Delicious
  • StumbleUpon this post
  • Share this post on Digg
  • Tweet about this post
  • Share this post on Mixx
  • Share this post on Technorati
  • Share this post on Facebook
  • Share this post on NewsVine
  • Share this post on Reddit
  • Share this post on Google
  • Share this post on LinkedIn

AUTEUR

Laurent Diouf had written 420 articles for Magazine MCD