La musique dont vous êtes le héros

Cette exposition retrace l’histoire des liens entre musique et jeu vidéo, de l’ère 8 bits aux orchestres symphoniques.

Longtemps limitée à quelques bips fonctionnels, la musique de jeu vidéo – ou VGM pour « Video Game Music » – a grandi avec la technologie, jusqu’à devenir un champ créatif foisonnant, exigeant et inventif. Elle convoque l’orchestre symphonique comme l’électronique la plus expérimentale, explore tous les genres musicaux et incarne une forme singulière : celle d’une musique qui ne se contente pas d’être écoutée mais qui se joue, s’expérimente, se vit. Le joueur devient déclencheur, acteur, musicien.

> Video Games & Music
> du 02 avril au 01 novembre, Philharmonie, Paris
> https://philharmoniedeparis.fr/

L’exposition « Être Machine » d’Antoine Schmitt à la Galerie Charlot, à Paris, nous projette dans un univers parallèle ou futur dans lequel nous ferions société commune avec les machines et leur algorithmes libérés de leur asservissement aux êtres humains et devenues pleinement autonomes et responsables.

Elle nous amène à considérer le point de vue des machines en tant qu’être artificiel plongé dans un milieu peuplé d’autres êtres, les êtres humains. […] L’espace d’exposition devient ainsi un espace de dialogue et de négociation entre entités placées sur un même pied d’égalité, l’endroit d’une rencontre transbiologique, une ouverture à l’altérité.

> exposition personnelle
> du 16 avril au 30 juin, Galerie Charlot, Paris
> https://www.galeriecharlot.com/

Organisé par les médiateurs numériques des bibliothèques de Lyon et de la Métropole, ce festival propose des rencontres avec des artistes et créateurs qui permettent de comprendre comment le numérique transforme leurs pratiques et ouvre de nouveaux horizons…

Fil rouge du festival, les ateliers Forêt dépliée invitent à créer et animer des marionnettes chimériques à partir d’illustrations naturalistes du XVIIIe siècle.
Coordonnées par l’artiste Simon Leroux, ces créations en stop-motion donnent naissance à une œuvre collective en réalité augmentée : un cabinet de curiosités réinventé où les planches anciennes s’animent pour révéler vos créatures dans une expérience immersive et fantastique.

> Le Printemps du numérique
> du 18 au 30 avril, Lyon
> https://mairie8.lyon.fr/

Festival Art & IA

A l’occasion du Festival NOÛS, la BNF ouvre ses fonds (livres, manuscrits, gravures, estampes, photos, cartes, documents…) aux artistes désireux de soumettre les algorithmes de l’IA à l’épaisseur du réél et du passé pour interroger le futur de la création.

Les artistes ont ainsi accès à la complexité du monde, vérifiée et tangible. Ici, l’IA ne génère pas du faux; elle révèle l’enfoui. Elle devient le pinceau qui permet de traverser des millions de pages pour raconter notre histoire commune. Les données deviennent des pigments, matière qui crée de nouvelles imaginaires.

En partenariat avec le magazine photo Fisheye, le Festival NOÛS porte cette promesse : marier la rigueur du patrimoine intellectuel à l’audace de la technologie. Pour que créer demain ne signifie pas oublier ou déformer hier, mais en redécouvrir la profondeur.

> Noûs, festival art & ia
> exposition, performances, discussions et tables rondes, projections, programmation hors les murs avec Justine Emard, Graphset, Tobias Gremmler, Kimchi & Chips, Audrey Large, Obvious, Sabrina Ratté, RETINAA x Alexandra Mocanu, Joan Sandoval × Mans_O, Les 7 Doigts
> du 09 au 19 avril, BNF François Mitterand, Paris
> https://www.bnf.fr/

Écritures Automatiques

La septième édition de cette manifestation portée par Alphabetville (Colette Tron et Cécile Portier), laboratoire des écritures multimédia, en coordination avec La Marelle, lieu de résidence de création littéraire, est liée aux interactions de l’écriture et de la lecture avec les applications d’intelligences artificielles génératives… Au travers de rencontres, démos, échanges, lectures, projections et ateliers, il s’agira d’aborder une généalogie et une histoire de l’automatisation de l’écriture et d’en produire une approche critique…

avec Jean Lassègue, Giuseppe Longo, Chrystelle Desbordes, Christophe Bruno, Marie José Mondzain, Jean-François Peyret, Thierry Coduys, Pascal Jourdana, Philippe Bootz, Damien Beyrouthy

> Les Écrits du Numérique #7, écritures automatiques
> le 08 et 09 avril, La Friche Belle de Mai, Marseille
> https://alphabetville.org

IA : illusions des algorithmes

L’exposition « AI – Algorytmy Iluzji » (illusions des algorithmes), qui se déroule jusqu’au 12 juillet au centre culturel Zamek de Poznań en Pologne, invite à examiner l’intelligence artificielle d’un œil critique, en tant que phénomène culturel, politique et artistique, au travers de pièces et installations de Cécile Babiole, Kate Crawford, Weronika Gęsicka, Paweł Janicki, Przemysław Jasielski, Vladan Joler, Jarosław Klupś, Jakub Koźniewski, Agnieszka Kurant, Anna Malinowska, Trevor Paglen, Anna Ridler, RYBN.ORG, Joanna Żylińska

Il n’existe pas une seule forme d' »intelligence artificielle ». Ce terme englobe une variété de systèmes algorithmiques, tels que l’apprentissage automatique, le traitement automatique du langage naturel, les systèmes experts et la vision par ordinateur, qui automatisent la détection, la reconnaissance, la classification, la prédiction, l’analyse et la génération de données.

Le lancement du chatbot génératif GPT-3.5 en 2022, qui a conquis plus d’un million d’utilisateurs en cinq jours, a marqué une avancée majeure dans la conscience collective et a ouvert un nouveau chapitre de la riche histoire de l’IA.

Cependant, l’histoire de l’intelligence artificielle est bien plus longue que celle des grands modèles de langage. Parmi ses figures emblématiques figurent Ada Lovelace et Alan Turing, dont les parcours sont évoqués dans l’exposition. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est au cœur de nombreux débats sociaux, scientifiques et artistiques, alimentant des récits extrêmes où les visions optimistes se confrontent à la puissance des idées pessimistes.

Bien que les systèmes d’IA soient désormais largement disponibles et utilisés, leur utilisation ne s’accompagne pas toujours d’une compréhension de leur fonctionnement, de leur processus de création et de leur nature même. En ce sens, l’intelligence artificielle semble fonctionner dans l’imaginaire collectif comme un chapeau de magicien.

On y dépose quelques ingrédients – commandes, instructions – dans un cylindre noir impénétrable – une application ou un programme – pour entrevoir un véritable « lapin blanc » ou la réponse à une question restée secrète même pour nos proches. C’est pourquoi on parle de la « boîte noire de la technologie », opaque à la vue et à la cognition humaines. Derrière l’illusion qui séduit nos sens se cachent des instructions plus ou moins complexes : des algorithmes.

L’exposition « IA – Illusions des algorithmes » nous invite à lever le voile sur cette boîte et à révéler les illusions du monde numérique à travers l’art contemporain. Nous souhaitons nous inciter à réfléchir aux enjeux sociaux, politiques, économiques et environnementaux de l’intégration de l’IA dans différents domaines de notre vie : l’éducation, le commerce, le travail et, en fin de compte, l’art lui-même.

Nous comprenons les illusions évoquées dans le titre comme les mécanismes plus ou moins occultes de la technologie et les récits qui l’entourent, produits par l’industrie et supervisés par les autorités. L’exposition ne s’intéresse pas à l’intelligence artificielle en tant que technologie en soi, qui fascine et émerveille. Elle se consacre à une réflexion critique sur l’IA comme phénomène culturel et composante d’un ordre social plus vaste.

Un examen attentif des entrailles de la « boîte noire » révèle un enchevêtrement chaotique de câbles, de fils et de puces installés par l’homme et servant des objectifs précis. Ceci nous permet de présenter l’IA non seulement comme une technologie dématérialisée, mais aussi comme une infrastructure matérielle composée de câbles sous-marins, de minéraux extraits de la Terre, de systèmes de transmission et de centres de données.

Comme l’écrit Kate Crawford dans « Atlas of AI: Power, Politics, and the Planetary Costs of Artificial Intelligence », « l’IA n’est ni artificielle ni intelligente, ni abstraite ni autonome. Elle est plutôt incarnée et matérielle, produite à partir de ressources naturelles, de combustibles, de travail humain, d’infrastructures, de logistique, d’histoire et de classification ». Elle fait également partie de l’ordre socio-politique dans lequel nous évoluons.

Mais que signifie être humain dans un monde où l’intelligence artificielle est en constante évolution ? Quels sont les coûts environnementaux de son développement ? Que voient les algorithmes, comment les perçoivent-ils et peut-on leur faire confiance ? Enfin, comment l’IA influence-t-elle l’art et sa réception ? […]

Comme le soutient Joanna Żylińska, le concept d’intelligence artificielle repose précisément sur l’artifice, dont l’origine latine (artificium) signifie bien plus que tromperie et duplicité. Il renvoie à l’art, au savoir-faire et à l’habileté. C’est précisément sur ces aspects que nous nous concentrerons tout au long de l’exposition. […]

Les œuvres présentées dans cette exposition nous guident à travers les thèmes qui dominent le débat actuel sur l’IA, organisés autour de notions telles que « pouvoir », « effort », « connaissance », « liens » et « imagination ». Les « capsules temporelles » qui les accompagnent rassemblent des éléments illustrant les liens étroits entre passé et présent, inscrivant les processus actuels dans une perspective historique plus large…

(curatorial statement)

> Exposition « AI – Algorytmy Iluzji » (Illusions des algorithmes)
> du 21 mars au 12 juillet, Centrum Kultury Zamek, Poznań (Pologne)
> https://ckzamek.pl/

Exposition collective

En 1995-1996, le télescope spatial Hubble envoi ses premières photos d’outre-espace avec un peu de retard (il a fallu corrigé sa « myopie », mais c’est une autre histoire…). Les clichés révèlent des milliers de galaxies dont les lumières et les formes spiralées émergent de champs profonds (deep fields). En 2022, son successeur, le télescope Jame Webb a fait beaucoup mieux, shootant l’espace encore plus loin avec une résolution accrue.

Mais l’impact du HDF (Hubble Deep Field) reste historique et porteur d’observations inédites. C’est désormais une source d’inspiration pour les artistes qui s’interrogent sur l’infiniment grand et l’infiniment petit. Ainsi confrontés à l’irreprésentable et à l’invisible, ils interrogent la perception, sans cesse renvoyée à ses propres limites, à ses cadres et ses frontières. Leurs œuvres sont des traces d’événements, les échos matériels et psychiques d’horizons traversés, des champs d’énergie dont le corps reste partie prenante. Ce ne sont plus des objets isolés ni des images arrêtées, mais des oscillations, des vibrations magnétiques et lumineuses.

Placée sous le commissariat de Félicie d’Estienne d’Orves & Olivier Schefer, en synergie avec Stéphanie Pécourt, l’exposition collective Deep Fields réunit des artistes qui sondent et explorent les champs profonds : des paysages lointains et désertiques aux champs mobiles et instables de particules… avec des pièces, gravures, environnements sonores, vidéos et installations récentes ou anciennes d’Ann Veronica Janssens (Corps Noir), Charles Ross, Claire Williams, Daniela De Paulis (768 000 km), Edith Dekyndt, Els Vermang (Gamma), Eva L’Hoest, Evan Roth (Landscapes), Evelina Domnitch & Dmitry Gelfand (ER= EPR), Félicie d’Estienne d’Orves (Vénus, Uranus),

Heinz Mack (Light prims in the Artic), Hervé Charles (Seeing With Eyes Closed), Ivana Franke, Jacques Perconte, Jean-Pierre Luminet (Dessin d’un trou noir), Joost Rekveld (Installation #71.1), Magali Daniaux & Cédric Pigot (78°55’N), Marina Gioti, Nancy Holt, Robert Irwin, Semiconductor (20Hz), Stéphanie Roland (Stellar pipeline)… et des performances & surgissements le soir du vernissage, le vendredi 23 janvier, avec Evelina Domnitch & Dmitry Gelfand, Germaine Kruip, Nicolas Montgermont (Chronique d’une fin annoncée), Ronan Masson, RYBN & Marie Constant (Matière noire sémantique)… + Dj Set : Zombie Zombie (Étienne Jaumet et Cosmic Neman)

Deep Fields
> exposition collective
> du 23 janvier au 24 mars, Centre Wallonie Bruxelles, Paris
> https://cwb.fr/

Porté par l’Institut français, Novembre Numérique se déploie sur les cinq continents (Algérie, Allemagne, Bahreïn, Belgique, Bulgarie, Canada (+ Québec), Colombie, Corée du Sud, Équateur, États-Unis, Ghana, Hongrie, Inde, Irlande, Jordanie, Kenya, Lettonie, Madagascar, Mexique, Pakistan, Pologne, Portugal, République démocratique du Congo, Rwanda, Suède, Turquie, Royaume-Uni…).

Cette neuvième édition mettra en lumière la diversité des cultures numériques à travers des projets variés (expériences immersives, jeu vidéo, arts numériques, création web, performances audiovisuelles, spectacle vivant augmenté, etc.). En présentiel comme en ligne, cet événement propose ainsi de découvrir, interroger et partager les cultures numériques contemporaines.

Rassemblant des artistes, des créateurs, des structures et des professionnels du secteur, Novembre Numérique constitue un espace d’expérimentation et de réflexion, propice à l’exploration de nouveaux usages et à l’émergence de formes culturelles inédites.

> du 01 au 30 novembre, sur les cinq continents
> https://www.institutfrancais.com/

Art & Technology Before the Internet

Après Londres, c’est à Turin jusqu’en mai 2026 que l’on peut voir Electric Dreams ; une exposition qui regroupe un large éventail d’artistes internationaux qui se sont intéressés aux sciences, aux technologies et à l’innovation matérielle.

Organisée par la Tate Modern et l’OGR Torino, cette exposition explore la manière dont les artistes de la fin du XXe siècle ont utilisé des outils technologiques, souvent développés dans des contextes militaires ou d’entreprise, avant l’adoption généralisée d’Internet.

Electric Dreams célèbre les pionniers de l’art optique, cinétique, programmé et numérique au travers de nombreuses œuvres construites à partir de principes mathématiques, de composants motorisés et de nouveaux procédés industriels.

On y découvre ou redécouvre les artistes qui ont accueilli l’avènement du numérique dans les années 70 et 80, en expérimentant l’art mécanique et les premiers systèmes informatiques domestiques; pionniers d’une nouvelle ère d’installations sensorielles immersives et d’œuvres générées automatiquement.

> Electric Dreams, exposition avec Carlos Cruz-Diez, Suzanne Treister, Eduardo Kac, Atsuko Tanaka, Takis, Liliane Lijn, Jesús Rafael Soto, Groupe ZERO (Heinz Mack, Otto Piene), Brion Gysin, Katsuhiro Yamaguchi, GRAV (Groupe de Recherche d’Art Visuel : Jean-Pierre Yvaral, François Morellet, Francisco Sobrino, Julio Le Parc), AARON (Harold Cohen), Wen-Ying Tsai, Tatsuo Miyajima, Monika Fleischmann & Wolfgang Strauss…
> du 31 octobre au 10 mai, OGR, Turin (Italie)
> https://ogrtorino.it/

Les illusions retrouvées

L’édition 2025-2026 de Némo, la Biennale internationale des arts numériques de la Région Île-de-France, a pour thème Les illusions retrouvées. Aun programme, des expositions, installations, spectacles, concerts et rencontres dans vingt-quatre lieux franciliens pour « imaginer des alternatives, construire des liens entre arts et sciences, réenchanter le rapport entre vivant et technologie, sensibiliser sur les transformations de la société ou expérimenter des scénarios spéculatifs« …

L’exposition principale, Les illusions retrouvées : nouvelles utopies à l’ère numérique, se tient au CentQuatre, le vaisseau-mère de la biennale. Les œuvres présentées notamment par Anne Bourassé & Mounir Ayache, Christian Delécluse, Inook, NeoConsortium, Phygital Studio, Kaspar Ravel, Éric Vernhes et Cecilie Waagner Falkenstrøm repoussent les limites de la perception et de la réalité, révélant des mondes alternatifs où l’humain cohabite avec la nature et les machines. Pour la trentaine d’artistes réunis sur cette exposition, « les utopies ne sont plus des promesses futuristes, mais des espaces hybrides, oscillant entre nostalgie et spéculation. Ce sont des illusions que l’on croyait perdues, et que le numérique révèle dans un autre monde, le nôtre ! »

Hugo Arcier & Annabelle Playe, Ars Natura. Photo: D.R.

De nombreuses expositions, collectives ou individuelles, viennent s’agréger à la programmation de cette biennale. À la Capsule, au Bourget, Hugo Deverchère présente une série de photos qui fait suite à une résidence dans le désert d’Atacama au Chili (The Afterimage). Au travers de ses photographies, il « interroge la fragilité de la mémoire numérique face au temps géologique et imagine de nouveaux supports d’archivage mêlant matière minérale et particules cosmiques, au-delà de l’échelle humaine« . Au Collège de France à Paris, après avoir été en résidence auprès du Laboratoire Kastler-Brossel, l’artiste Caroline Delétoille expose ses réflexions sur l’infiniment petit et son imaginaire (L’Atelier Quantique).

Au Centre Culturel Canadien, une exposition collective rassemble vingt-cinq œuvres et « processus exploratoires » d’artistes et de designers (dont Samuel Bianchini, Marie-Pier Boucher, Yiwen Chen, Maria Chekhanovich, Raphaëlle Kerbrat, Lauren Knight, Anne-Marie Laflamme, Asa Perlman, Ana Piñeyro, Olivain Porry, Suarjan Prasai, Félix Vaneste, Lee Wilkins, Aline Zara…). Leurs créations intègrent « des procédés matériels et symboliques, vivants et semi-vivants, qui se métamorphosent dans la durée« . Baptisée Oscillation, cette exposition « se déploie telle une constellation organisée autour d’une œuvre centrale, Fossilation, une large membrane en bioplastique qui illumine la matérialité des technologies numériques souvent imaginées dans leur immatérialité« .

Éric Arnal-Burtschy, Je suis une montagne. Photo: D.R.

Au Cube de Garges, une autre exposition collective interroge la face cachée des technologies : Dopamine réunit Camron Askin, Alkan Avcıoğlu, Emilie Brout & Maxime Marion, Christophe Bruno, Disnovation.org, Ben Elliott, Ben Grosser, Hérétique, Anne Horel, Dasha Ilina, Baron Lanteigne, Ethel Lilenfeld, Jonas Lund, Shoei Matsuda, Lorna Mills, Jérémie Kursner, Miri Segal, Alexei Shulgin… « Entre promesses utopiques et réalités d’addiction, manipulation algorithmique et silos informationnels« , les artistes explorent les moindres recoins des plateformes numériques et tentent de « reconstruire un imaginaire du commun et un autre futur numérique, plus éthique, inclusif et humain« … L’ouverture de l’exposition se fera avec les performances AV de Noémi Büchi (Does It Still Matter?) et le collectif SPIME.IM (Grey Line).

La programmation de Némo compte aussi de nombreuses installations, dont Flock Of de bit.studio avec ses poissons animés qui flotteront comme des ballons lors de la soirée d’ouverture au Cent-Quatre. Durant tout le temps de la biennale, à La Seine Musicale sur l’Île Seguin à Boulogne-Billancourt, Phygital Studio présente Plant Being, une installation audiovisuelle entièrement générée par une plante grâce à son activité électrique naturelle qui est captée en temps réel et transformée en sons et en images. La chorégraphe Sarah Silverblatt-Buser propose Collective Body au Centre des Arts d’Enghien. Un dispositif interactif et immersif qui analyse en temps réel les gestes des personnes qui participent à cette expérience grâce à un casque VR. Leur avatar, qui s’incarne avec des grains de lumière, danse et évolue aux sons des textures électroniques et des harmonies organiques d’Harvey Causon.

D’autres performances mettent également en jeu le corps, la lumière, la matière, le son, la vidéo et les datas : Strates du collectif  Phauna, L’Harmonie de notre absence de Paul Vivien et le projet Ubiquity porté par Arep. Compagnie x In Vivo 5.12 au Château Ephémère à Carrières-sous-Poissy. MODEMA Cycles de François Delamarre à La Seine Musicale. Pour le volet musiques électroniques, le ton est donné dès la soirée d’ouverture au CentQuatre avec les lives et performances audiovisuelles de Max Cooper, Pierre-Luc Lecours & Ida Toninato (Homeostasis), Franck Vigroux & Kurt d’Haeseleer (Thirst). À La Clef, le 6 décembre, TremensS dévoilera le troisième volet de son projet la Génétique de l’Erreur autour de design génératif, de l’architecture paramétrique et du biodesign. La soirée se poursuivra avec les lives AV de 665.99 et Anmon et la drum-n-bass de Metrist.

À la Maison des Arts de Créteil, entre réalité étendue, danse et intelligence artificielle, Aoi Nakamura & Esteban Lecoq (AΦE) proposent une déambulation interactive hybride autour d’un cube LED monumental sur lequel défilent les cycles de vie de Lilith, une âme virtuelle piégée dans les limbes (Lilith.Aeon). Le 8 janvier à la Philharmonie, Le Grand Soir Numérique rassemblera Hugo Arcier & Annabelle Playe (Ars Natura), Riccardo Giovinetto, Yang Song, Clara Olivares et Augustin Braud… Visible dans un premier temps à la Maison de la Musique à Nanterre puis aux Gémeaux, Scène nationale à Sceaux, l’installation Unseen de Guillaume Marmin & Jean-Baptiste Cognet s’inspire de phénomènes hallucinatoires et combine lumière, son et illusion. Aux Gémeaux également et ensuite pour la clôture de la Biennale au CentQuatre, Éric Arnal-Burtschy invite le public à s’installer sur des transats suspendus pour vivre une expérience immersive et sensorielle et ressentir le monde différemment (Je suis une montagne). Cette clôture sera marquée aussi par la présentation de L’Astrologue ou les Faux Présages, pièce en un acte imaginée à partir des données historiques et des procédés d’écriture de Molière par le collectif Obvious et le Théâtre Molière Sorbonne.

Némo, Biennale internationale des arts numériques de la Région Île-de-France
> du 11 octobre au 11 janvier, Paris / Île-de-France
> https://www.biennalenemo.fr/