Panorama 18, l’exposition Le Fresnoy

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Edito de Laurent Le Bon, commissaire

Éviter le piège de l’exposition collective, Graal introuvable.
Découvrir un lieu magique, symbole d’une politique culturelle ambitieuse française avec une direction et une équipe passionnées et stables.
Le montrer en majesté avec la richesse de ses strates historiques et dévoiler ce qui est parfois caché.
Réunir des partenaires que rien ne devrait réunir.
Tenter de dialoguer avec un espace non conçu à l’origine pour y montrer des œuvres.
Mêler des artistes consacrés et des inconnus en oubliant le jeunisme, l’esthétiquement correct et les quotas.
Leur attribuer à chacun un espace après discussion puisque des contraintes nait la liberté, leur indiquer de nombreux thèmes potentiellement fédérateurs (mais qui ne seront probablement pas retenus).
Privilégier la commande sur l’œuvre préexistante.
Travailler sur un parcours fluide avec des intensités lumineuses diverses en préférant le vide au plein, la surface au volume.
Créer des émotions différentes.
Mettre en valeur le processus créatif et une certaine difficulté d’interprétation.
Faire le compte des occasions manquées et des refus polis pour finalement s’en réjouir.
Traiter les artistes pratiquant le cinéma sur le même plan que ceux qui désirent occuper toute la nef avec une seule installation sans porter attention à leur amis.
Essayer donc d’être équitable, même si cela n’a pas toujours de sens.
Ne pas reléguer les artistes souhaitant une projection en salle et les intégrer au parcours de diverses manières, notamment au moyen d’une bande-annonce sans visée commerciale.
Tenter de respecter le visiteur (et le créateur) en indiquant la durée d’une œuvre et le passage du temps.
Se battre contre la médiocrité.
Se réjouir de travailler avec des artistes vivants et des émotions, des échecs et de surprises qui en résultent.
Créer scénographiquement un panorama contemporain, car tel est le titre historique de l’événement (on ne peut que difficilement trouver plus juste et plus beau, donc en conséquence ne surtout pas choisir de sous-titre).
Fréquenter une institution culturelle de plusieurs milliers de mètres carrés à plus de 200 km de la capitale (si loin, si proche).
Se poser les questions de la démocratisation et de la décentralisation culturelles pour ne surtout pas y répondre.
Se demander comment on est arrivé là et pourquoi.
Panorama, l’anti-exposition qui fait exposition.
Espérer que la machine Fresnoy vivra.
Donner du plaisir.
Faire confiance aux amis.
Finir l’accrochage.
Penser à d’autres manifestations et partir.
Revenir.
Écrire : merci à tous.

 

Extraits de la programmation

– RAPHAËLE BEZIN

A room of one’s own (installation)
C’est un film de 20 m2. Équipé d’un casque de réalité virtuelle, le spectateur se retrouve dans une petite chambre remplie de meubles extraits de décors de films.

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– JUNKAI CHEN

Correspondance (œuvre interactive et performance)

Correspondance est une œuvre interactive et une performance dans laquelle Junkai Chen s’inspire librement de deux poèmes, l’un français, Correspondances de Charles Baudelaire et l’autre chinois, Le Torrent aux Chants d’Oiseaux de Wang Wei.

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– MATHIAS ISOUARD

Tensions dissonantes # (installation sonore)

Expérimenter la sensation.
Inspiré de la cymatique et notamment des recherches d’Alexander Lauterwasser d’après les figures de Chladni, le projet Tensions dissonantes # mené par Mathias Isouard veut révéler physiquement les effets et propriétés acoustiques d’un matériau en vibration, à travers sa forme en mutation. Sonore et plastique, cette installation composée d’une fine tôle d’aluminium de 9 m2, suspendue horizontalement, est simultanément mise en vibration et en mouvement selon des séquences génératives programmées.

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– CHAO LIANG

Notes de voyage (film. 18 minutes 52)

Il y a des œuvres dont on ne peut parler.
Labyrinthiques, elles défient l’analyse. Songeons à certaines pièces de Debussy, et nombre de chefs d’œuvre de l’histoire de la musique (je ne me risquerai pas ici à empiéter sur l’histoire de l’art en général, cependant la résistance à l’analyse de quelques œuvres plastiques majeures me semble évidente). Les mots que l’on risque, afin de tenter de cerner ces objets, semblent vite se désagréger, partir en fumée après avoir offert une première illusion de clarté, même tenace. Pourtant ces labyrinthes continuent d’attirer la curiosité analytique et des vies s’y consacrent. Il est bon de penser que certains objets puissent rester éternellement inaccessibles, autrement que par une contemplation fascinante qui est certainement aussi un cheminement en soi.
Je ne sais si l’œuvre de Chao Liang entre dans cette « catégorie », mais elle se présente en une étrangeté qui agite nos liens à l’histoire, à nos sens, à notre sens commun, et brouille nos pauvres repères accumulés.

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– MATHILDE LAVENNE

Artefact #0 / Digital Necrophony (installation sonore et numérique)

Artefact #0 / Digital Necrophony est une installation sonore et numérique qui s’inscrit dans une démarche de recherche archéologique du médium, de la communication et de l’émergence d’un questionnement métaphysique lié à l’instrument scientifique.
L’installation s’inspire du gramophone à cylindre d’Edison, dont elle reprend la forme mais en transforme le dispositif cherchant à capter à travers les ondes, les fréquences, les vibrations des messages d’une autre dimension.

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– GWENDAL SARTRE

* J’ai gravé dans ses cheveux (installation)
* Conjurer l’angoisse par l’énumération (film. 14 minutes 26)

Avec l’installation J’ai gravé dans ses cheveux j’ai cherché à réaliser un ensemble archaïque à première vue mais dont la forme et les variations complexes procèdent en réalité d’une technologie avancée, par le biais de la nano-photographie et de la nano-gravure.

Le film Conjurer l’angoisse par l’énumération parle du hasard.
On suit une feuille, seule et silencieuse, qui se remplit au fil des mots et des pensées. On y entend une énumération faite par le mathématicien Jean-Paul Allouche et l’histoire intime écrite par Laura Haby (artiste) d’un homme que je ne connais pas. Il s’agit d’un échange avec le mathématicien, dont le savoir et le langage me sont inaccessibles et où je suis le néophyte, est comme une commande passée à un artiste ou un artisan dont je n’ai ni le savoir, ni le savoir-faire. Un précipité où le doute nourrit la foi, où la science stimule l’érotisme.

 

– RAJWA TOHMÉ

Lignes de fuite (un projet de cartographie itinérante des camps – Installation / Plate-forme en ligne)

Ce projet présenté sous forme d’installation a été conçu comme une plate-forme en ligne qui accueillera progressivement de nouveaux parcours et de nouvelles données en relation avec les camps.

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– FABIEN ZOCCO

L’Entreprise de déconstruction théotechnique (installation générative / Sculpture robotique)

Réalisée par Fabien Zocco en 2016, L’Entreprise de déconstruction théotechnique organise une collision entre l’Ancien Testament et un agencement machinique qui en érode le sens. La première altération consiste à introduire le texte biblique dans une succession d’algorithmes informatiques.

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Tous les détails du rendez-vous annuel de la création au Fresnoy sont ici: http://www.lefresnoy.net/fr/expo/panorama-18

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AUTEUR

Muriel had written 234 articles for Magazine MCD