Edgar Ekoué Afoutou

(Dakar, Sénégal)

Edgar Afoutou est l’exemple parfait d’un parcours prometteur en Afrique, le développeur informaticien qui a trouvé sa voie grâce à la rencontre avec le monde du Libre et l’art numérique. Ses perspectives sont clairement annoncées : apporter mes connaissances au croisement entre art et informatique, et émanciper mon côté créatif.

Projet DIGIBAP. Résidence à Kër Thiossane, Dakar, 2012. De gauche à droite: Edgar Afoutou (Dakar, Sénégal), Grand-Jacques (Dakar, Sénégal) et Jean Katambayi Mukendi (Lubumbashi, RDC). Photo: © Bathie Samba Tounkara et Susana Moliner Delgado.

Son premier contact avec l’univers artistique a lieu en 2010 à Dakar, où il participe à la réalisation de l’exposition multimédia de Mondomix: Les Musiques Noires dans le Monde. Depuis lors, il accompagne des artistes dans la réalisation de projets artistiques et culturels.

Son premier contact avec l’univers artistique a lieu en 2010 à Dakar, où il participe à la réalisation de l’exposition multimédia de Mondomix: Les Musiques Noires dans le Monde. Depuis lors, il accompagne des artistes dans la réalisation de projets artistiques et culturels.

Ses thèmes de prédilection sont: le hacking (1), la récupération, les logiciels libres et l’Open source, qu’il défend en ces termes : l’économie mondiale est en crise… Heureusement, nous avons des bras, l’accès à la connaissance et aux technologies libres, qui sont de véritables avantages.

Né en 1978 à Dakar et originaire du Togo, Edgar Ekoué Afoutou vit et travaille au Sénégal depuis 2001 en tant que développeur. Il étudie les réseaux Télécom et se spécialise en Services Réseau. Défenseur du Libre, il est membre de DakarLUG, une communauté d’utilisateurs du système Linux, qui se retrouve régulièrement pour parler Open source, partager leurs connaissances et des pizzas.

Son aventure « numérique et artistique » faisant son chemin, il représente DakarLUG en 2011 lors des festivals LabToLab à Nantes, Mal au Pixel à Paris, et Désert Numérique à Saint-Nazaire-Le-Désert (Drôme). Il est alors question de réfléchir sur la pédagogie, la coopération et la solidarité internationale des Labs (2) et d’établir un état des lieux de la création numérique en Europe et en Afrique.

Puis, il s’inscrit à plusieurs ateliers de recherche et de création numérique (avec Trias Culture(3) et Kër Thiossane (4) en 2011 et 2012), axés sur l’exploration de différents types de capteurs. Il prend part en mai 2012 lors du Festival Afropixel à l’atelier DefKo Yaw Rek, organisé par le collectif Usinette.org (France), où il s’agit de réaliser une extrudeuse : une machine de recyclage des déchets plastiques. En juillet 2012, il assiste Jean Katambayi Mukendi (5), en résidence à Kër Thiossane (projet DIGIBAP).

Atelier DefKo Yaw Rek. Résidence à Kër Thiossane, Dakar, 2012. Photo: © Vanessa Brunet (Usinette, France).

Il travaille en tant que programmeur sur le projet eZoTouch, initié en 2012 par Roland Kossigan Assilevi (6). C’est une application de VJing (7) développée avec Pure Data et pilotée à partir de matériel détourné. Son objectif est de proposer une alternative aux outils existant sur le marché.

À Dakar, la création numérique est un concept nouveau. L’art numérique africain s’exprime de façon timide, car les manifestations qui y sont consacrées sur le continent sont rares, tout comme les structures qui accompagnent les artistes africains dans cette voie-là. Les outils libres sont à la portée de tous. Aussi, le nombre de personnes ayant accès à Internet et aux réseaux mobiles n’a-t-il cessé de croître. Il ne nous reste qu’à nous approprier ces technologies pour réaliser des œuvres originales.

publié dans MCD #71, « Digitale Afrique », juin / août 2013

> http://edgar-afoutou.blogspot.com/

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