Covid-Initiatives

La plateforme Covid-Initiatives, soutenue par le Réseau Français des Fablabs, rassemble les initiatives de makers en France et au-delà qui proposent des équipements et solutions de fortune dans la lutte contre le Covid-19.

Le Réseau Français des Fablabs appelle à la mobilisation générale des makers et des fablabs pour lancer la fabrication coordonnée et distribuée sur tous les territoires de métropole, des DOM-TOM et de l’Outremer. Leur conviction : produire au plus près des besoins réduit considérablement les risques de dissémination du virus et réduit les temps de livraison. Pour répondre à cela, une équipe de bénévoles sort aujourd’hui Covid-Initiatives, un riche site rassemblant les initiatives de makers en France qui proposent des équipements et solutions de fortune dans la lutte contre le Covid-19.

Capture d’écran de la carte du site Covid-Initiatives. Photo: D.R.

Coordonner les initiatives des makers et fablabs

La force d’un réseau national c’est d’être une plateforme au carrefour des idées, savoir-faire, propositions, offres, besoins et désirs d’une communauté. C’est ce qui fait du Réseau Français des Fablabs l’interface nécessaire à une action coordonnée des makers en France.

En effet, depuis le début de la crise, de nombreux makers se mobilisent, se mettent en action collective via diverses plateformes d’échange et s’organisent en communs pour fournir des réponses en urgence. Partout l’entraide et l’auto-organisation démontrent leur capacité à fournir des solutions crédibles. Mais les initiatives fleurissent à une allure telle qu’il devient difficile de s’y retrouver et de s’orienter à travers le foisonnement d’informations.

« Plusieurs plateformes ont été ouvertes. Au Réseau Français des Fablabs nous communiquons sur le fait qu’il faut se fédérer. le RFFLabs peut jouer ce rôle, car nous sommes en contact avec les autorités de santé nationales, nous recevons des demandes des hôpitaux et nous faisons retomber en régions. Certains makers et fablabs surproduisent par rapport à la demande, alors que d’autres n’ont pas assez de matériel pour répondre aux sollicitations. Nous essayons d’équilibrer cela », explique Simon Laurent, président du Réseau Français des Fablabs.

Par souci d’efficacité le RFFLabs encourage donc de se faire référencer sur la plateforme Covid-Initiatives mise en ligne ce mardi 31 mars et développé par une équipe de bénévoles. La plateforme vise à recenser le maximum de projets émergents et à aider ceux qui font, ces citoyens qui contribuent, les « makers » – artisans, ingénieurs, bricoleurs, faiseurs de tous bords – qui agissent dans l’urgence. Elle recense aussi les initiatives de ceux qui permettent d’assurer la continuité pédagogique, de garantir l’approvisionnement alimentaire des personnes en difficulté, de venir en aide aux personnes seules, ou encore de ceux qui prototypent du matériel médical pour tenter de répondre aux urgences.

Par ailleurs, des rapprochements sont en cours entre le RFFLabs, JOGL, France Tiers-lieux, la communauté de makers rassemblée sur le Discord de Mr Bidouille, les communautés Facebook, des rassemblements locaux de makers et Covid-Initiatives pour se coordonner autour des besoins, ressources et initiatives.

Covid-Initiatives propose une cartographie interactive à partir de bases de données développées par d’autres acteurs : une plateforme d’auto-recensement des fabricants d’impression 3D ; un référencement des Fablabs et Makerspaces du territoire français réalisé par le RFFLabs. Cette carte donne à voir les acteurs de cette mobilisation du monde makers. Elle sera augmentée au jour le jour.


Chaîne de production de la visière « Folded Face Shield » fabriquée et montée en une minute chrono et développée à Volumes Coworking (coordinateur RFFLabs pour l’Ile-de-France) en Creative Commons. Elle est conçue pour la découpe laser afin de minimiser la matière et le temps. (ici le formulaire de besoins en matériel pour les établissements hospitaliers).

Les besoins et priorités

Visières : le besoin auquel la communauté des makers semble être le plus à même de répondre efficacement est celui des visières de protection (voir la page spéciale). Utiles pour les soignants autant que pour tous les professionnels en contact avec des publics (commerce, forces de sécurité, ambulanciers, postiers…) elles sont faciles à produire et neutres en termes de risques sanitaires. Des solutions existent en impression 3D, mais également en découpe laser. Coordonnée, la communauté des makers pourrait produire jusqu’à 100 000 visières en un temps record.

Pousse-seringues électriques : les hôpitaux font savoir qu’ils commencent à manquer de pousse-seringues électriques, et le RFFLabs appelle les makers à initier un challenge pour répondre à ce besoin via les canaux habituels, avec comme contrainte une utilisation minimale de l’impression 3D.

Respirateurs : nous savons aujourd’hui que les hôpitaux manquent de respirateurs, essentiels pour maintenir en vie les personnes les plus gravement touchées. Il existe aujourd’hui plusieurs prototypes à l’essai issus de la communauté. On citera les projets Minimal Universal Respirator et MakAir.life qui sont déjà très avancés. Si l’industrie est mobilisée aujourd’hui pour répondre aux besoins en France, ces appareils plus légers pourront également répondre à la demande dans des zones dans le monde plus démunies en équipements.

Bien évidemment, les besoins en masques (de préférence en tissus, voir le patron de référence), en blouses, gels et autres dispositifs sanitaires basiques sont toujours d’actualité.

Le MUR Project conçoit un respirateur de fortune en partenariat avec Objectif Sciences International et le teste en ce moment avec l’hôpital de Créteil et La Salpêtrière. Photo: DR.

Un besoin de coordonner pour tenir la durée

« Au-delà des visières de protection, d’autres demandes vont tomber dans les semaines qui viennent, on risque d’avoir des problèmes pour avoir du plastique pour imprimer, il faut donc organiser la production. Localement des makers sont contactés par des EHPAD et des hôpitaux mais aujourd’hui le message est passé au niveau de la coordination générale des hôpitaux et nous recevons maintenant en direct des messages de services hospitaliers, qu’on redistribue aux fablabs en réseau, sur le principe de la fabrication distribuée, de manière à produire et distribuer dans de bonnes conditions », défend Simon Laurent.

Bémol ? « Cela fait 15 jours que nous demandons une régulation ministérielle là-dessus, mais pour le moment nous n’avons eu aucune réponse de ministères, aucune réponse des Agences Régionales de Santé, sachant qu’il y a des inégalités suivant les territoires, dans certaines régions des ARS travaillent avec des fablabs, mais dans d’autres elles ne veulent pas en entendre parler. Nous sommes cependant en contact avec le pilotage des services ORL de toute la France et le message a été redistribué, explique Simon Laurent. Nous cherchons également à entrer en contact avec le réseau des EHPAD », ajoute-t-il.

Il importe pour les makers de France de se coordonner. Makery tient en ce sens à rappeler que les actions entreprises et solutions partageables ne seront pas seulement utiles pour la France mais aussi très vite pour d’autres communautés dans le monde où les équipements font peut-être encore plus cruellement défaut.

publié en partenariat avec Makery.info

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